Belle Amie 2011 : 18/20
- Distillerie : Emile Pernot
- Titrage : 72°
- Couleur : Verte (naturelle)
- Procédé : Distillation
- Public conseillé : Amateurs, Connaisseurs
- Date de sortie : Mai 2011
- Site : Non
- Prix : 65 € environ.
Eternelle Arlésienne, l'absinthe Belle Amie revient avec une nouvelle édition qui rassemble le meilleur des éditions précédentes... et une plante d'absinthe impérieuse. Difficile de contenir son enthousiasme en découvrant cette bombe ultra herbacée qui défie toutes les absinthes modernes. La recette historique, la production à l'ancienne et le savoir-faire de la distillerie Pernot semblent avoir permis de percer le secret des absinthes anciennes. Rien de moins.
Des plantes fraîches évoquant une forêt après une ondée. La plante d'absinthe émerge au milieu de senteurs légères d'anis vert et de fenouil, dévoilant un nez homogène, très parfumé.
Belle couleur verte typique des absinthes de chez Emile Pernot : à la fois intense et profonde. L'ajout d'eau va troubler l'absinthe lentement en belles arabesques. Le trouble est très prononcé, bien plus que celui de la version 2010 et 2007. Un progrès énorme.
A la préparation, des senteurs printanières légèrement musquées s'échappent du verre pour emplir la pièce.
Si l'anis vert arrive en première bouche, il ne tient pas longtemps : à la surprise générale, la plante d'absinthe s'installe immédiatement. Epicée comme on l'aime, légèrement urticante, très forte en bouche sans pour autant masquer de multiples arômes herbacés dont cette note délicate qui rappelle un peu le parfum du lys.
La plante d'absinthe parfume bien une bouche végétale peu anisée, sous-jacente, main de fer dans un gant de velours, à la manière des certaines absinthes historiques (la Premier Fils notamment avec qui la Belle Amie 2011 partage plusieurs points communs). Cela fait très longtemps qu'elle n'a pas été autant à l'honneur dans une absinthe : il faut se souvenir de l'Artisanale ou de la Wormwood. Si cette belle artémise préside la dégustation, elle n'empêche donc pas d'autres plantes de s'exprimer dans de belles envolées florales et rafraîchissantes.
Les arômes frais, alpins se succèdent, offrant une belle complexité aromatique qui devrait ravir les connaisseurs. On notera par exemple une bonne hysope au gout fleuri et une mélisse citronnée... terriblement parfumée. La qualité des plantes utilisée est exceptionnelle.
Le profil aromatique est bien ajusté : les plantes ne jouent pas en solo mais s'unissent dans un concert herbacé harmonieux.
Au fur et à mesure de la dégustation, on remarque que l'absinthe est joueuse : allant et venant avec plus ou moins d'intensité. Elle s'offre pleinement, se dérobe un peu, revient encore plus fort : un comportement aguicheur et entêtant qui prolonge le plaisir.
La plante d'absinthe laisse son empreinte végétale, accompagnée par une touche de menthe poivrée, de mélisse citronnée, un peu d'hysope florale. Très belle finale qui joue sur la finesse et la longueur. On est surpris, même plusieurs heures plus tard, de sentir encore des arômes jouer en bouche. L'absinthe est sèche et il est très difficile de s'arrêter au premier verre.
Une charge aromatique que l'on peut qualifier de démentielle pour une absinthe très sèche ; Une réussite incontestable, sans doute l'aboutissement de toutes les précédentes éditions de Belle Amie : florale et douce comme la première, des senteurs qui rappellent le lys comme la seconde et encore plus herbacée que la troisième.
En plus, cette quatrième production propose une plante d'absinthe forte et puissante. Le profil Belle Amie est respecté tout en étant plus précis et plus perfectionné. Attention toutefois, cette radicalité la destine plus à un public d'amateurs et de connaissseurs qu'aux profanes.
Selon nous sources, pour bénéficier de cette charge aromatique incomparable, le créateur de la Belle Amie a retrouvé d'anciens secrets de fabrication qui n'avaient jusqu'à présent jamais été mis à profit dans la fabrication d'une absinthe moderne.
La précédente édition de 2010 vieillit admirablement en s'adoucissant. Cette nouvelle Belle Amie devrait pareillement pleinement profiter d'une mise en cave. Peut-être qu'une édition vieillie en fût de chêne pourrait apporter encore à cette absinthe déjà parfaite.
Nous recommandons une préparation extrêmement soigneuse pour profiter de tous les arômes : goutte à goutte d'eau très lent sur sucre (La Perruche conseillé), eau bien glacée. Nous avons testé une préparation trop hâtive (plus d'une goutte par seconde) et tous ses arômes n'étaient pas présents par rapport à une préparation lente. Nous conseillons de la sucrer davantage en raison de sa sécheresse.









