Heure Verte
ContactFAQDistilleriesSites FrançaisSites Etrangers
Accueil arrow Articles arrow La Tribune de Benoît Noël arrow L’Absinthe Pernod Fils, victime collatérale de l’antisémitisme ayant mené à l'affaire Dreyfus
 
Le saviez-vous ?
La Bohème était en 1830 un groupement d'artistes français sans le sous menés par Henry Murger. Les artistes de la Bohème séjournaient dans les cafés du Quartier Latin aux cotés de Baudelaire et Leconte de Lisle. Ils y buvaient de l'absinthe à l'heure verte.
 
L’Absinthe Pernod Fils, victime collatérale de l’antisémitisme ayant mené à l'affaire Dreyfus | Version imprimable |
Soumis par Benoît Noël   
29-12-2009
Index de l'article
L’Absinthe Pernod Fils, victime collatérale de l’antisémitisme ayant mené à l'affaire Dreyfus
Les Veil-Picard acquièrent Pernod Fils
La générosité de la famille Veil-Picard
Les Veil-Picard éleveurs
« Sales gens » ou jalousie pure ?
L’Ambulance Pernod Fils
Jules Pernod et Pernod Fils
Du Pernod dans les maisons closes
Témoignage de Claude Borel
 
 
M. Veil-Picard à Pontarlier.
***
 
 
 
 
 
 
 
Les Veil-Picard acquièrent Pernod Fils
 
 
Le 21 janvier 1888, les deux frères et banquiers bisontins Arthur-Georges (1854-1944), et Edmond-Charles (1856-1947) Veil-Picard acquièrent la société Pernod Fils dont Louis-Alfred Pernod conserve néanmoins une part. La dénomination de l’entreprise reste « Maison Pernod Fils », la raison sociale devient « Veil-Picard & Cie » et le rapport de force originel est inversé : Pontarlier devient le siège de la firme et Couvet, sa succursale. Notons enfin que selon l’excellente étude de Robert Genevoy parue dans Les Archives Juives (N°5 en 1985) les frères Veil-Picard donnent procuration, le même jour à Louis-Albert Borel, comptable à Couvet, à Philippe-François Favarger, négociant « audit lieu » et à Louis Weibel, banquier à Fleurier, pour gérer les affaires de la nouvelle société. Ajoutons qu’ils furent formidablement bien inspirés et par leur choix de placement de fonds dans cette société et par celui de ne rien changer à une équipe gagnante. Pour être absolument précis, notons enfin qu’Arthur-Georges et Edmond-Charles achètent Pernod Fils avec l’appui discret de leur frère Léon-César (1860-1921), troisième membre fondateur de la société : Les Fils de Veil-Picard (14, Grande Rue à Besançon).
 
 
 
 
 
 
 
Patatras, le 24 novembre 1888, le journal La Petite France accuse Edmond-Charles d’avoir acheté 20 000 Francs sa nomination de chevalier dans l’ordre de la Légion d’Honneur ! Jalousie ? Assurément, mais calomnie également et pis, antisémitisme patent de la part de Daniel Wilson, l’escroc légendaire de « L’affaire des décorations » ayant provoqué, en 1887, la démission de son beau-père, le Président de la République, Jules Grévy. « La Petite France » (journal méritant bien son nom ce jour là) appartient pour partie à Daniel Wilson (ou à tout le moins à son épouse) et pour l’autre aux propriétaires d’une imprimerie tourangelle bien connue. Nul procès ne fut nécessaire pour prouver qu’un légitime décret du Ministère de l’Intérieur (12 janvier 1884) avait attribué à Edmond-Charles la Croix de la Légion d’Honneur pour son dévouement, courage et mécénat du Bataillon des Sapeurs Pompiers de Besançon dont il était capitaine depuis 1881. Edmond-Charles, pour sa part, se contenta d’en rire : « 20 000 Francs. C’est une plaisanterie ! Ma croix m’a coûté trois millions ! », c’est-à-dire, le montant de l’ensemble de ses dons ou de ceux de sa famille à la collectivité.

Dernière mise à jour : ( 16-08-2010 )
< Précédent   Suivant >