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M. Veil-Picard à Pontarlier.
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Les Veil-Picard acquièrent Pernod Fils
Le 21 janvier 1888, les deux frères et banquiers bisontins Arthur-Georges (1854-1944), et Edmond-Charles (1856-1947) Veil-Picard acquièrent la société Pernod Fils dont Louis-Alfred Pernod conserve néanmoins une part. La dénomination de l’entreprise reste « Maison Pernod Fils », la raison sociale devient « Veil-Picard & Cie » et le rapport de force originel est inversé : Pontarlier devient le siège de la firme et Couvet, sa succursale. Notons enfin que selon l’excellente étude de Robert Genevoy parue dans Les Archives Juives (N°5 en 1985) les frères Veil-Picard donnent procuration, le même jour à Louis-Albert Borel, comptable à Couvet, à Philippe-François Favarger, négociant « audit lieu » et à Louis Weibel, banquier à Fleurier, pour gérer les affaires de la nouvelle société. Ajoutons qu’ils furent formidablement bien inspirés et par leur choix de placement de fonds dans cette société et par celui de ne rien changer à une équipe gagnante. Pour être absolument précis, notons enfin qu’Arthur-Georges et Edmond-Charles achètent Pernod Fils avec l’appui discret de leur frère Léon-César (1860-1921), troisième membre fondateur de la société : Les Fils de Veil-Picard (14, Grande Rue à Besançon).
Patatras, le 24 novembre 1888, le journal La Petite France accuse Edmond-Charles d’avoir acheté 20 000 Francs sa nomination de chevalier dans l’ordre de la Légion d’Honneur ! Jalousie ? Assurément, mais calomnie également et pis, antisémitisme patent de la part de Daniel Wilson, l’escroc légendaire de « L’affaire des décorations » ayant provoqué, en 1887, la démission de son beau-père, le Président de la République, Jules Grévy. « La Petite France » (journal méritant bien son nom ce jour là) appartient pour partie à Daniel Wilson (ou à tout le moins à son épouse) et pour l’autre aux propriétaires d’une imprimerie tourangelle bien connue. Nul procès ne fut nécessaire pour prouver qu’un légitime décret du Ministère de l’Intérieur (12 janvier 1884) avait attribué à Edmond-Charles la Croix de la Légion d’Honneur pour son dévouement, courage et mécénat du Bataillon des Sapeurs Pompiers de Besançon dont il était capitaine depuis 1881. Edmond-Charles, pour sa part, se contenta d’en rire : « 20 000 Francs. C’est une plaisanterie ! Ma croix m’a coûté trois millions ! », c’est-à-dire, le montant de l’ensemble de ses dons ou de ceux de sa famille à la collectivité.
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