Heure Verte
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Le saviez-vous ?
L'absinthe est à nouveau légale en Suisse depuis le 1er Mars 2005. 95 ans de prohibition plus tard, les distillateurs clandestins qui n'avaient jamais cessé leur production peuvent donc proposer leurs absinthes blanches en toute légalité.
 
La Fée Verte se joue d'un généalogiste | Version imprimable |
Soumis par Benoît Noël   
05-11-2009
Index de l'article
La Fée Verte se joue d'un généalogiste
Qui est la mère Henriod ?
L\'identification de la femme Henriod
Petitpierre, Henriod
Le rôle de Marguerite
Les recettes d\'absinthe
Marguerite Henriod est la Mère Henriod ?
En conclusion

Le rôle de Suzanne-Marguerite Henriod

On m’objectera alors qu’en relevant un peu la gloire du médecin P. Ordinaire, je cours le risque de me contredire et de minorer le rôle de Suzanne-Marguerite Henriod. Il n’en est rien, si l’on y réfléchit deux secondes. Qu’appelle-t-on au juste « extrait d’absinthe » en 1769, année d’une « première » vente attestée d’un « extrait d’absinthe » ou « d’absynthe » ? Sûrement pas la boisson apéritive renouvelant la famille des anisettes par la trouvaille d’une finale âpre durable en bouche. Pas davantage, la recette basique de l’absinthe suisse comprenant la triade anis, fenouil et grande absinthe (Artemisia absinthium) macérée et distillée dans de l’alcool de vin et colorée comme affinée au goût par la seconde triade de la petite absinthe, de l’hysope et de la mélisse citronnée.
Cette alliance d’exception du fruité et d’une légère saillie âcre, du doux relevé par une pointe d’amertume, l’union sacrée de l’amplitude sur le palais et de la perle de rosée à la pointe de la langue ne se sont évidemment pas imposées en un clin d’œil. Temps et sapience furent indispensables et c’est là où Suzanne-Marguerite Henriod intervient en maître herboriste et cuisinière – on peut aussi entendre « mère » au sens de la « mère Brazier », cuisinière lyonnaise légendaire mariant à l’infini salé et sucré - passant, étape capitale de l’infusion à la distillation.
 
Si la locution « extrait d’absinthe » ne désignera plus progressivement exclusivement la simple teinture de la seule Artemisia absinthium, rappelons tout de même que dans l’ouest de la France et au premier chef en Saintonge, on consomme encore de nos jours, un « extrait d’absinthe » qui est précisément un « extrait » d’Artemisia absinthium sans nul autre ajout. Et de fait, tout distillateur sait que le cœur de distillation d’une cuite rondement menée de la seule Artemisia absinthium est déjà d’une grande subtilité de goût au sortir du bec de l’alambic. Encore faut-il aimer l’absinthe, accepter d’en boire et avoir goûté et analysé suffisamment de recettes différentes pour juger de cela, ce qui n’est pas le cas de tous les historiens de l’absinthe…

Dernière mise à jour : ( 16-08-2010 )
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