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Voici le communiqué de presse français (4 avril 2008) :
Réhabilitation de l’absinthe : une étude internationale réfute les croyances sur les hauts taux de thuyone contenus dans les absinthes d’antan
L’absinthe est un apéritif fortement alcoolisé, fabriqué à base de plantes ou d’extraits de plantes distillés dans de l’alcool. Les deux plantes principales sont la grande absinthe (Artemisia absinthium) et l’anis vert. Y sont presque toujours associés la petite absinthe (Artemisia pontica), le fenouil, l’hysope et la mélisse.
La plus répendue des fausses idées sur l’absinthe est qu’il s’agit d’une drogue prohibée, ou du moins un similaire de par ses effets. Ceci est faux. L’hystérie collective autour de l’absinthe au début du 20ème siècle a alimenté le malentendu selon lequel l’absinthe était un produit puissamment toxique, causant des hallucinations qui rendaient les hommes ‘fous’, en état d’épilepsie, et qui fit que Van Gogh se coupa l’oreille.
Cependant, la vérité est moins sensationnelle mais pour autant plus intéressante. L’histoire se focalise sur une substance appelée ‘thuyone’, un composant naturel de l’absinthe considéré comme son agent ‘actif’. La thuyone était jugée hallucinogène et/ou nocive, engendrant un symptôme évident d’ ‘absinthisme’ ; d’où une interdiction de facto de l’absinthe durant toutes ces années.
Des scientifiques américains, anglais et allemands révèlent, pour la toute première fois, le véritable taux de thuyone contenu dans d’authentiques absinthes d’époque. Leur étude sera prochainement publiée dans le American Chemical Society’s Journal of Agricultural and Food Chemistry mais est déjà disponible sur Internet. Le texte complet est accessible gratuitement ici : http://www.thujone.info/thujone-absinthe-39.html .
Etonnamment, des absinthes fabriquées en France et en Suisse avant l’interdiction ont survécu jusqu’à nos jours. De rares bouteilles encore cachetées du fameux élixir refont parfois surface des tréfonds de l’histoire. Dans un vaste effort international, plus d’une douzaine d’échantillons d’absinthes d’époque ont été rassemblés à partir de bouteilles trouvées en France, en Suisse, en Espagne, en Italie, en Hollande et aux Etats-Unis. Seuls des échantillons provenant de bouteilles strictement authentiques ont été testés (c.a.d. avec cachet de cire, bouchon et étiquette d’origine intactes).
Au total 13 absinthes d’époque, incluant un grand nombre de marques des plus prestigieuses et des plus populaires, ont été analysées pour établir leur teneur en thuyone et autres composants ayant contribué à leur hypothétique toxicité comme les essences naturelles de plantes (la pinocamphone et la fenchone), le méthanol, le degré d’alcool, le cuivre et l’antimoine.
Les résultats de cette analyse démontrent indéniablement que la teneur en thuyone des absinthes d’antan a été grossièrement surestimée par le passé. Les articles publiés dans les années 80 et 90 postulaient des concentrations très élevées en thuyone telles que 260 mg/l, sur la simple base de calculs purement théoriques, et non sur des analyses concrètes. Nous savions déjà que les absinthes modernes fabriquées selon les recettes historiques ne révèlent pas un niveau de thuyone de cet acabit – Désormais, cette nouvelle étude démontre que les absinthes de la Belle Époque avaient elles aussi des taux de thuyone très modérés, les 13 échantillons d’absinthe d’époque n’oscillant qu’entre 0.5 et 48.3 mg/l.
Tous les autres composants se sont révélés eux aussi insignifiants d’un point de vue toxicologique. Rien, mis à part l’éthanol, a été trouvé dans ces absinthes qui pourrait expliquer le soi-disant syndrome de l’ ‘absinthisme’. Autrement dit, la diabolisation historique de l’absinthe est uniquement basée sur une fausse hypothèse : c’est une boisson à forte teneur en thuyone. Il n’en est rien.
Il est désormais évidemment clair que les absinthes soigneusement fabriquées selon d’authentiques recettes ont des taux de thuyone n’excédant que très rarement les limites européennes. Il apparait qu’indépendamment de la quantité de grande absinthe utilisée, relativement peu de thuyone ne passe au travers de la distillation jusqu’au produit final. L’importance de cette découverte ne peut être prise à la légère. Beaucoup de plantes, y compris celles communément utilisées en cuisine, contiennent des substances qui, si consommées en grande quantité, peuvent nuire à la santé. Mais le sens commun nous dit qu’elles sont saines d’emploi, car en pratique ces substances ne sont présentes qu’en infime quantité. Il en va de même pour l’absinthe – oui elle contient de la thuyone, oui la thuyone est potentiellement nocive - mais la quantité de thuyone réellement présente dans une bouteille d’absinthe est extrêmement infime. |