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L'Enjôleuse vieillie en fût de chêne 2010 : 18/20

  • Distillerie : Paul Devoille
  • Titrage : 72°
  • Couleur : Feuille morte
  • Procédé : Distillation
  • Public conseillé : Amateurs & Connaisseurs
  • Date de sortie : 2010
  • Site : -
  • Prix : 60 € environ.

Toujours produite en très petite quantité, l'absinthe L'Enjôleuse revient pour une seconde édition. Comme ce fut le cas avec la précédente, elle a bénéficié d'un an de vieillissement... mais cette fois, la cuve a laissé place au fût de chêne. Les auteurs ont effectivement voulu se rapprocher au plus près des protocoles d'affinage des absinthes du XIXème siècle et ont choisi une barrique de plus de 200 litres pour abriter leur absinthe. Le moins que l'on puisse dire, c'est que le résultat en valait la chandelle.

 Bouteille 70 cl : Un parfum fruité aérien, musqué, puissant, voluptueux. Des fragrances de vieux bois, de chêne, soulignent une sarabande d’arômes chaleureux.
Magnum : Beaucoup de fruité dès l'ouverture, comme si la bouteille était déjà oxygénée. Douceur, rondeur et parfums boisés plus démonstratifs que dans la bouteille 70 cl jaillissent du col.

L'enjoleuse  l'enjoleuse

 L'absinthe est très colorée, très foncée. Ses nuances "feuille morte" rappellent les absinthes historiques.
Le trouble est rapide et épais quel que soit le contenant. Il apparaît au fond du verre pour gagner doucement toute la surface, éclaircissant l’absinthe sur des nuances vertes et jaunes. Au final, le trouble est très opaque.
De fortes senteurs fruitées s'échappent du verre pendant la préparation.

l'enjoleuse  l'enjoleuse

 Bouteille 70 cl : Une attaque franche, ronde, musquée et fruitée relevée par une plante d’absinthe gouteuse meilleure que dans la précédente édition. Le fruité rappelle fugitivement les eaux de vie de fruit, le Cognac... Au fil de la dégustation, l’absinthe devient de plus en plus boisée ; des notes légères de fût de chêne secondent la fine amertume de la très bonne plante d’absinthe de Fougerolles.
La bouche marie herbacé, fruité et saveurs de pain d'épice qui sont typiques de cette absinthe. Des notes légères de miel complètent un profil aromatique riche qui occupera longuement l’absintheur expérimenté.
L’épaisseur est au rendez-vous pour une absinthe crémeuse qui roule bien sur la langue et accroche aux parois du verre lorsqu’on la fait tourner.
La première édition de L’Enjôleuse (2008) est en comparaison plus douce, plus "guimauve" et moins complexe que l’édition 2010 qui bénéficie d’arômes plus relevés, tout en conservant un fruité prononcé.
Très belle harmonie aromatique.

Magnum : Encore plus ronde, plus savoureuse et très fruitée comme si l'absinthe avait été largement oxygénée. Des notes prononcées de fruits exotiques, de mangue, de goyave font leur apparition. Avec un peu d'oxygénation, le magnum révèle d'innombrables nuances fruitées et boisées que l'on apprécie en prenant de minuscules gorgées : un concentré aromatique superbe et inédit. Comme pour le vin, l'absinthe semble mieux s'épanouir en magnum.

 Bouteille 70 cl : La plante d’absinthe soulignée par le fût s’éternise, secondée par un fruité confit qui joue avec les papilles longtemps.
Une fois le verre vide, on y trouve des senteurs complètement inédites rappelant un champ de fleurs écrasé par le soleil. Il est d'ailleurs recommandé de tenter cette expérience : verser 3 cl. d'absinthe dans un grand verre puis les verser dans un autre où l'on préparera l'absinthe. Il apparaîtra dans le premier qui a contenu l'absinthe pure d'incroyables parfums qui devraient surprendre plus d'un absintheur !
Magnum : La plante d’absinthe et le boisé durent longtemps, secondé par cet excellent fruité confit. La longueur en bouche s'accentue avec l'oxygénation de la bouteille.

l'enjoleuse

  C’est une absinthe d’hiver ! Sa richesse et son harmonie la destine aux soirées au coin du feu, installé dans un vieux fauteuil.
Assez hypnotique et relaxante en raison de ses arômes étonnants et variés qui virevoltent sur le palais, L’Enjôleuse est aussi un hommage vibrant aux absinthes anciennes avec qui elle partage sa belle harmonie.
Nous la conseillons surtout aux connaisseurs qui seront plus à même d'apprécier ses nombreuses nuances qui pourront sembler ténues au novice et à l'amateur. 

 Une aptitude au vieillissement énorme, surtout en magnum. D'ici quelques années, les bouteilles risquent d'être exceptionnelles. La première Enjôleuse s'est en tous cas extrêmement bonifiée avec les années.

Note Finale : 18/20 (Amateurs & Connaisseurs)

70cl ou 150 cl ?

Le choix du magnum ou de la bouteille 70 cl se pose d'autant plus que ce format est inédit dans le monde de l'absinthe.
Pour choisir, il faut savoir que L'Enjôleuse a besoin d'un peu d'oxygénation pour se dévoiler complètement. Plus le niveau de la bouteille descend, plus l'absinthe acquiert de la souplesse et du moëlleux pour s'orienter sur des notes fruitées. Lorsqu'on ouvre un Magnum, c'est un peu comme si l'on ouvrait une bouteille de 70 cl déjà bien oxygénée : l'ouverture aromatique et le moëlleux sont ensuite d'autant plus prononcés que la bouteille est large.
En bref, l'absinthe en bouteille de 70 cl se concentre sur le boisé et l'amer pour tirer sur le fruit et la douceur à la moitié du niveau. L'absinthe en magnum sera dès son débouchage déjà bien portée sur le fruité et le moelleux (avec un amer plus modéré), vers lesquels elle orientera son ouverture aromatique, proposant dans ce domaine aromatique plus de nuances que la bouteille de 70 cl.