Blanchette 2006-2008 : 14/20
- Distillerie : Combier
- Titrage : 60°
- Couleur : Blanche
- Procédé : Distillation
- Public conseillé : Novices, Amateurs, Connaisseurs
- Date de sortie : Mars 2006
- Site : www.combier.fr
- Prix : 35 € environ.
Blanchette : l'absinthe de Monsieur Seguin ? Sans doute, car elle a soif de liberté ! Souvent assimilée à une "absinthe suisse à la française", elle parvient à allier l'originalité fruitée suisse à la qualité française !
Mais avant de poursuivre, mieux vaut revenir aux sources : la Blanchette était jadis une absinthe blanche produite par Combier entre 1899 et 1915.
Alors que la fameuse distillerie de Saumur était spécialisée dans le Guignolet, la Blanchette était pourtant leur produit phare et le mieux vendu ! Témoin, sans doute, de l'engouement pour l'absinthe en ce temps là.
C'est à Ted Breaux qu'a été confié le soin de recréer cette absinthe blanche à 60°. Il s'est acquitté de la tâche avec son excellence habituelle dans le travail de recréation des absinthes historiques.
La Blanchette est une fois encore, une réussite.
Le fenouil fruité et ses parfums capiteux : très chaleureux, très aromatique. Des notes chocolatées très prononcées pour un nez d'absinthe suisse.
Le trouble est blanc et laiteux, rapide et épais. Superbe.
Au nez, les notes chocolatées persistent, ce qui ravira les amateurs. En bouche, c'est un fenouil très prononcé qui vient en premier, rappelant les arômes de terroir des bonnes absinthes suisses. Enveloppant, pénétrant, il laisse également une petite part d'anis vert et d'hysope s'exprimer. L'épaisseur en bouche est excellente, digne des meilleures absinthes suisses.
Ensuite, la bonne plante d'absinthe de Pontarlier arrive, vivaces et urticante. Le goût est assez inédit dans une absinthe moderne, probablement du à une présence possible de genépi.
Ensuite, c'est une belle et noble amertume et un goût de grande absinthe qui va prendre beaucoup d'ampleur sans que le fenouil en pâtisse comme c'est trop souvent le cas dans les blanches.
L'amertume aromatique perdure soulignée par un bon fenouil.
La Blanchette prend les blanches en défaut et prouve (avec la Blanche de Fougerolles) que l'on peut produire en France des absinthes blanches meilleures qu'en Suisse : riche, chaleureuse, enveloppante.
Le développement bien marqué allie la chaleur du fenouil à la persistance herbacée de la plante d'absinthe (trop souvent absente des absinthes suisses). Cette Blanchette est extrêmement envoutante et offre l'immense avantage d'être complexe ET accessible, et en ce sens s'adresse à tous et toutes.
Note : certains consommateurs ont noté de grosses différences de qualité sur les fabrications 2010 qui ont été jugées très inférieures aux fabrications de 2006 à 2009.
Une absinthe qui laisse la plante d'absinthe gagner en ampleur avec quelques années de vieillissement.



