La Berthe de Joux : 15/20
- Distillerie : Emile Pernot
- Titrage : 56°
- Couleur : Verte (naturelle)
- Procédé : Distillation
- Public conseillé : Connaisseurs
- Date de sortie : Septembre 2010
- Site : Non
- Prix : 55 € environ.
L'absinthe La Berthe de Joux est la première création de la distillerie Emile Pernot depuis Un Emile (presque dix ans). Déjà à l'origine de bonnes références produites dans son enceinte (Perroquet, Maison Fontaine, Belle Amie, etc), la distillerie a-t-elle enfin créé une absinthe aussi réussie que ses petites protégées ? Elle titre seulement 56° : ce faible degré (pour une absinthe) suffit il à la rendre compétitive ?
Herbacé et fruité mais aussi floral et parfumé. Quelques petites notes de foin. En un mot, très délicat.
Une belle couleur vert pomme qui trouble assez vite pour s'avérer finalement un peu translucide. Le trouble est moins opaque que celui d'une Perroquet, mais plus prononcé que celui d'une Roquette. A la préparation, des arômes frais et printaniers s'échappent du verre. Le degré incite à une plus faible dilution qu'à l'habitude pour ne pas perdre trop de punch.
Une attaque herbacée soutenue par un anis vert et un fenouil légers qui ne tiendront pas longtemps en bouche. Suivis de quelques notes citronnées de mélisse et d'une plante d'absinthe, que l'on détecte immédiatement, et qui oriente la bouche sur une amertume aromatique. Une saveur inconnue dans l'absinthe jusqu'ici préside à la dégustation et rappelle un peu l'eucalyptus (pour sa fraîcheur) et la tisane... Il s'agit en réalité de camomille, très rarement employée dans les absinthes. Son amertume à la distillation seconde celle de la plante d'absinthe et donne à la Berthe de Joux un caractère très médicinal... Mais plaisant pour qui recherche de la nouveauté et de l'originalité.
On sent une excellente qualité de composants (plantes et alcool de betterave) et un savoir faire certain mais l'on aurait souhaité un titrage plus élevé qui aurait permis d'avoir plus d'arômes et surtout, autorisé une meilleure dilution.
L'épaisseur en bouche est assez mince, comme souvent avec les absinthes Pernot, mais l'essentiel n'est pas là.
L'amertume conjointe des plantes reste en bouche correctement mais sans offrir la longueur d'une absinthe à plus fort titrage.
Une absinthe florale, amère et médicinale plus complexe qu'elle en a l'air. Ses 56° pourraient l'orienter vers un public de profanes mais ce serait une erreur. Cette Berthe recèle bel et bien des perles aromatiques qui raviront les connaisseurs à la recherche de nouveautés et de singularité aromatique.
Les novices sont souvent désorientés par ces arômes particuliers "brut de plantes" et par le parfum très spécial de la camomille distillée. Une version à 65 ou 68° pourrait apporter beaucoup.
A 56°, peu d'espoir d'un vieillissement très intéressant. Ce n'est pas une absinthe que nous conseillons de mettre en cave.







