Belle Amie 2010 : 16/20
- Distillerie : Emile Pernot
- Titrage : 72°
- Couleur : Verte (naturelle)
- Procédé : Distillation
- Public conseillé : Amateurs, Connaisseurs
- Date de sortie : Juin 2010
- Site : Non
- Prix : 65 € environ.
Nous pensions tous la Belle Amie disparue à jamais après épuisement de la seconde édition. C'était compter sans la pugnacité de son créateur qui a continué à la développer pour nous livrer un essai en édition limitée d'une future troisième édition.
Si la recette originale des deux premières a été à nouveau utilisée, quelques détails dans le processus de distillation ont été modifiés (toujours dans une optique historique). Résultat : cette Belle Amie est l'absinthe herbacée la plus radicale jamais vue.
Un nez de plantes, fruité, très légèrement anisé. Des senteurs de confiserie et de rhizome, de racine et d'herbe fraîche. Avec l'oxygénation, des notes musquées apparaissent.
Une belle couleur verte qui se trouble extrêmement lentement avec un goutte à goutte savamment distillé en dégageant de puissants parfums frais et fleuris qui rappellent les aubes d'été à la campagne. Le trouble est finalement translucide, pas d'une opacité complète mais prononcée... On songe à celui de la première Belle Amie. Une dilution à deux volumes d'eau ou deux et demi pour un volume d'absinthe passe très bien.
Une attaque herbacée douce et cajoleuse, presque discrète, qui amène à prendre rapidement plusieurs gorgées tellement l'impression de légèreté est frappante... Quelques secondes plus tard, les arômes arrivent de très loin, progressivement, comme une cavalerie à la pointe d'un paysage pour finalement faire le tour du palais et l'enivrer de multiples nuances. On apprécie alors leur grande fraîcheur végétale... Tout en respirant les senteurs qui s'échappent toujours du verre.
Des notes de racines qui peuvent rappeler la gentiane ou le parfum de la fleur de lys s'harmonisent superbement avec une belle plante d'absinthe savoureuse qui prendra encore plus d'ampleur avec l'oxygénation.
Anis vert et fenouil se sentent extrêmement peu, complètement dominés par les herbes, faisant de cette Belle Amie l'une des herbacées les plus radicales : aucune concession, les plantes s'imposent totalement sur le profil aromatique.
L'amertume est pleine d'ampleur et l'on peut sucrer plus que d'habitude.
Comme il faut inévitablement comparer, cette Belle Amie bénéficie d'un nouvel arôme qui, s'il devait être comparé aux éditions précédentes, se rapprocherait de la toute première. On ne retrouve pas la douceur et l'onctuosité de la seconde, qui était aussi beaucoup plus anisée.
Avec aussi peu d'anis et de fenouil ressentis, il ne faut pas s'étonner d'avoir une texture plus soyeuse que crémeuse. Nous sommes loin des Parisiennes fabriquées chez Devoille (Coquette, Enjôleuse, Désirée) mais l'épaisseur est assez présente pour faire rouler l'absinthe dans la bouche.
Délicieux retours végétaux qui s'attardent encore et encore. Très belle longueur en bouche.
C'est une absinthe totalement entêtante, ensorcelante. Une fois goutée, son appel se fait impérieux et l'on y revient sans cesse. Son profil aromatique herbacé radical en fait une verte "brut de plantes", presque médicinale mais formidable en été : le rafraichissement est garanti.
Main de fer dans un gant de velours, on apprécie sa faculté à libérer ses arômes très progressivement et à chaque gorgée, comme si elle semait des senteurs dans le palais qui écloraient les unes après les autres.
Coup de coeur.

L'absinthe a été distillée en Avril 2010. En vieillissant, menthe poivrée et arômes herbacés prennent de l'importance et gagnent encore en nuances. L'absinthe s'adoucit.










