L'Enjôleuse vieillie en fût de chêne 2012 : 18/20
- Distillerie : Paul Devoille
- Titrage : 72°
- Couleur : Feuille morte (naturelle)
- Procédé : Distillation
- Public conseillé : Connaisseurs
- Date de sortie : Mars 2012
- Site : Non
- Prix : 62 €
Le nouveau millésime de la fameuse absinthe L'Enjôleuse nous propose quelques nouveautés par rapport à la version 2010. Analyse de cette cuvée 2012 qui nous arrive après une longue attente.
Le nez est très aromatique, spécialement après quelques jours d'ouverture. Il est homogène et marie fruité et plantes avec beaucoup de complexité. On peut garder le nez au dessus du goulot de longs instants, surpris d'y découvrir de nouvelles nuances à chaque fois.
Une fois diluée, des notes tisanières et d'anis vert font leur apparition.
La couleur feuille morte tire sur un vert forêt. Le trouble est assez rapide, huileux, épais. Une fois l'absinthe complètement troublée, elle se révèle très opaque.
On reconnaît bien le profil aromatique typique de l'Enjôleuse vieillie en fût de chêne : un beau mariage d'herbacé et de fruité, à la fois doux et un peu piquant. Les premières gorgées ont de l'attaque et s'installent vite en bouche grâce à une bonne épaisseur. Le fruité/épicé qui doit être donné par l'angélique s'accorde parfaitement avec les autres plantes sans les dominer, comme si cette racine leur donnait un nouvel éclairage.
La principale différence avec le millésime 2010 est une plante d'absinthe bien plus présente. Florale, fragrante, elle tranche radicalement avec ce que l'on sent d'habitude dans les absinthes de la distillerie Devoille ! Elle a la particularité de s'installer en bouche avec mesure et progression, laissant parfois la petite absinthe et ses arômes de paille prendre le relais.
Si l'on dilue l'absinthe à plus de trois volumes d'eau pour un volume d'absinthe, les notes d'anis vert ont tendance à s'imposer. A deux volumes et demi, on profite pleinement des multiples nuances de cette Enjôleuse qui, décidément, porte bien son nom !
La plante d'absinthe demeure bien en bouche et des arômes musquées et fruités résonnent dans le palais. Superbe longueur en bouche. La dégustation d'un seul verre prendra du temps.

Un millésime aussi réussi que le précédent. Les principales différences se situent sur deux points : une plante d'absinthe bien plus aromatique et plus présente qu'en 2010, et une attaque plus frontale. La douceur et la rondeur du millésime 2010 sont ici moins prononcées.
Le vieillissement en fût de chêne n'a pas apporté d'arôme boisé mais a visiblement donné de l'homogénéité. La plante d'absinthe assez forte en bouche a peut-être privé l'absinthe de sa douceur habituelle mais le temps changera probablement les choses. Et puis le mot absinthe en latin ne signifie pas littéralement "privé de douceur" ?
Un potentiel de vieillissement énorme. On peut en mettre en cave pour les petits enfants, surtout avec ce bouchage à la cire.
Conseil : A préparer avec un goutte à goutte très lent. La plante d'absinthe étant très présente, elle peut sucrer comme à l'habitude. Deux volumes et demi d'eau pour un volume d'absinthe sont conseillés aux connaisseurs.
Cette absinthe a été proposée en bundle par une boutique Parisienne avec un échantillon d'absinthe Gempp Pernod. La pertinence de l'association est évidente : les deux absinthes se ressemblent énormément et si il devait exister un clone moderne de la Gempp, il s'agirait sans aucun doute de l'Enjôleuse avec qui elle partage des notes aromatiques communes... Avec cent ans de vieillissement en plus bien entendu.









